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Chaque semaine, Le Vrai Bordeaux vous propose sa sélection de romans à dévorer dès ce weekend ou à mettre de côté sur votre table de nuit. Bestsellers de ces dernières années, livres de poche immanquables ou toutes nouvelles sorties, voici nos “vrais bons plans”…
Philippe Besson célèbre son quart de siècle aux éditions Julliard. Voici vingt-cinq ans que ce natif de Barbezieux (Nouvelle-Aquitaine) nous accompagne de ses romans tantôt sensibles, tantôt féroces. Ses autofictions ont souvent figuré parmi les romans les plus lus en France, avant d’être brillamment adaptés au cinéma pour certains d’entre eux.
Mais l’écrivain, désormais installé à Bordeaux, s’est aussi essayé, avec plus ou moins de fortune, à d’autres registres, le polar ou la bio. Alors que son dernier né vient de paraître, La première phrase du premier livre, quels sont
#5 : L’amoureux soldat

En l’absence des hommes, 2001. Résumé : “Au début, il est sans doute un peu dérangeant cet amour entre ce vieil écrivain et ce très jeune homme. Mais très vite on se rend compte qu’il restera sur un plan purement platonique. Alors s’installe une véritable fascination pour chacun des mots qu’ils échangent, au cours de profondes et longues conversations, puis au fil de lettres admirables, lorsque Marcel doit quitter la ville. Car l’écrivain en question, c’est Proust bien sûr, même s’il n’est jamais nommé. Exactement au moment où naît cette passion (qui n’est pas sans évoquer un certain amour vénitien si bien conté par Thomas Mann), le jeune héros connaît l’amour, charnel celui-là, avec son beau soldat de voisin. En lieu et place des mots de la passion platonique, s’échangent ici les gestes, caresses, regards, silences de l’Amour… puis les mots aussi, lorsque le soldat regagne le front.”
On a aimé : L’écriture très classique pour laquelle Besson a opté avec ce premier roman, bien qu’il ne l’ait pas conservée par la suite. Le récit ne révolutionne pas le genre et il n’y a pas grand mystère sur le final, mais les thèmes qui seront les siens tout au long de son oeuvre sont déjà évoqués avec talent : la morsure du manque et de l’absence, les sentiments contrariés, la violence du monde. Ce texte se glisserait bien à un ami à qui vous voudriez recommander l’auteur.
- Dans la logique du récit, ce roman est suivi de Retour parmi les hommes (2011)
- Éditions Julliard, également disponible en format poche
#4 : Passion coupable

De là, on voit la mer, 2013. Résumé : “Une villa en Italie, le soleil trop fort, des ferries qui font la traversée vers les îles, une romancière qui peine à finir un livre, un jeune officier de l’Académie navale, un accident de voiture à des centaines de kilomètres, l’enchaînement des circonstances, la réalité qui rejoint la fiction, la fin d’un amour, le commencement d’un autre peut-être.
Dans ce roman plus personnel qu’il n’y paraît, l’auteur de L’Arrière-Saison dresse le portrait d’une femme puissante et de deux hommes fragiles, en proie à des hésitations sentimentales.”
On a aimé : Un roman singulier parmi ceux de Philippe Besson. Pas par son cadre italien ni son récit de vacances, mais grâce à sa narratrice qui agace et révolte avec plaisir. Ici, la passion est ordinaire et coupable. Impossible de ne pas être pris au jeu… Peu importe pour qui vous aurez pris parti.
- Éditions Julliard, également disponible en format poche
#3 : L’ami disparu au coeur de l’été

Un soir d’été, 2024. Résumé : “« Nous étions six – cinq garçons et une fille – insouciants, frivoles, joyeux, dans un été de tous les possibles. Pourquoi a-t-il fallu que l’un d’entre nous disparaisse ? » S’inspirant d’une histoire vécue, Philippe Besson retrace un drame de sa jeunesse, survenu dans l’île de Ré, un soir de juillet, au milieu des années 80.”
On a aimé : La langueur des vacances, les soirées entre copains… L’ouvrage, saisissant, se dévore, si bien qu’il se referme en ayant flanqué au lecteur lui-même une sensation particulière. Comme si nous avions nous aussi perdu un ami au cours des pages. Une réussite totale, avions-nous écrit dans une autre vie. On ne retire rien.
- Éditions Julliard, également disponible en format poche
#2 : Compartiments charmeurs

Paris-Briançon, 2022. Résumé : “Rien ne relie les passagers montés à bord du train de nuit n° 5789. À la faveur d’un huis clos imposé, tandis qu’ils sillonnent des territoires endormis, ils sont une dizaine à nouer des liens, laissant l’intimité et la confiance naître, les mots s’échanger, et les secrets aussi. Derrière les apparences se révèlent des êtres vulnérables, victimes de maux ordinaires ou de la violence de l’époque, des voyageurs tentant d’échapper à leur solitude, leur routine ou leurs mensonges. Ils l’ignorent encore, mais à l’aube, certains auront trouvé la mort.
Ce roman au suspense redoutable nous rappelle que nul ne maîtrise son destin. Par la délicatesse et la justesse de ses observations, Paris-Briançon célèbre le miracle des rencontres fortuites, et la grâce des instants suspendus, où toutes les vérités peuvent enfin se dire.”
On a aimé : Philippe Besson a toujours excellé à décrire ses personnages au bord de l’abîme, ou lancés à toute vitesse vers la catastrophe. Ce fut figuré, c’est ici littéral. On sait qu’en bout de course, bien de ces nouveaux petits bonhommes de papier nous auront quittés. C’est avec d’autant plus de plaisir que l’on découvre des bouts de leur vie, racontés entre deux wagons. Tous crédibles, ils ont tous quelque chose de nous. Vous en viendrez même à parcourir Wikipédia en pleine nuit pour savoir si ce qui est décrit s’est réellement produit. Nous, en tout cas, on l’a fait. Verdict ? Suspense.
- Éditions Julliard, également disponible en format poche
#1 : Inoubliable hiver bordelais

Un certain Paul Darrigrand, 2019. Résumé : “« Cette année-là, j’avais vingt-deux ans et j’allais, au même moment, rencontrer l’insaisissable Paul Darrigrand et flirter dangereusement avec la mort, sans que ces deux événements aient de rapport entre eux. D’un côté, le plaisir et l’insouciance ; de l’autre, la souffrance et l’inquiétude. Le corps qui exulte et le corps meurtri. Aujourd’hui, je me demande si, au fond, tout n’était pas lié. » Après Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson poursuit son dialogue avec les fantômes de sa jeunesse et approfondit son souci d’exprimer sa vérité intime.”
On a aimé : Promis, le décor bordelais n’a pas joué dans cette première place. Tombé amoureux puis tombé malade, l’auteur n’est pas au mieux dans cet hiver girondin. Quoique. Il paraît que ce fut l’une des plus belles périodes de sa vie. Là aussi la passion est coupable, le garçon insaisissable mais vite indispensable. Philippe Besson ne se soigne pas toujours au fil des pages. Mais l’aventure est belle. Vous y penserez en flânant près de la librairie Mollat. On y trouve des livres dont on se souvient trente ans plus tard.
- Dans la logique du récit, ce roman est suivi de Dîner à Montréal (2019)
- Éditions Julliard, également disponible en format poche

