Envoyez-nous...
Découverts en 1791, environ soixante-dix corps mystérieusement conservés ont été exposés pendant près de deux siècles dans la crypte de la flèche Saint-Michel. Si cette curieuse attraction a définitivement fermé ses portes en 1979, autre immanquable, le clocher de 114 mètres de haut vient récemment de rouvrir au public.
Bordeaux est certes un peu moins entourée de mystères que l’Égypte, mais elle a bel et bien eu ses “momies” ! Une histoire qui a toujours fait sensation, depuis ses premières mentions dans un livre. C’est Pierre Bernadau, chroniqueur historique, qui en a fait la promotion. Il faut dire qu’on ne parle pas tous les jours de squelettes sous une basilique…
Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle, en 1791. À cette époque, le cimetière local, celui de place Meynard, et d’autres doivent être détruits. Objectif du Directoire girondin : tenter de limiter les épidémies. Au cours des travaux, les ouvriers mettent au jour plusieurs dizaines de corps (environ 70) naturellement conservés. Les ossements sont alors transportés dans une crypte, sous la flèche Saint-Michel.
Exposition macabre devant des visiteurs de renom
Non pas pour les cacher, mais pour en faire une véritable attraction, les “momies de Saint-Michel”. Pendant des années, ces restes sont placés en cercle, dans une danse macabre exposée à tous. De quoi attirer les curieux. Des visiteurs parfois célèbres, comme Victor Hugo, Théophile Gautier, Stendhal ou encore Gustave Flaubert.
Je lis aussi / Balades en Gironde. Visite à Saint-Émilion : les anecdotes méconnues de ses monuments incontournables
D’illustres invités qui ont participé à la diffusion de la légende. Ce musée a entretenu des anecdotes et des récits tragiques à propos des morts. Ce qu’explique Philippe Prévôt dans son ouvrage “Bordeaux secret et insolite - La face cachée du port de la lune”. Il est question d’une famille empoisonnée, d’un jeune homme enterré vivant, d’un général tué lors d’un duel ou encore d’un prêtre à l’intrigant rictus…

La crypte est restée ouverte durant deux siècles
Tout ceci aura duré deux siècles. Mais au fil du temps, le vandalisme, les mutilations, les champignons et les microbes ont eu raison de ce vestige pas comme les autres. Alors, les autorités ont décidé de fermer ce lieu en 1979. Les défunts, eux, ont de nouveau retrouvé le “repos éternel” en 1990. Ils ont été inhumés dans un recoin anonyme du cimetière de la Chartreuse.
Saint-Michel reste l’une des destinations incontournables de Bordeaux. Emblématique, le monument girondin dispose en plus du 4e clocher le plus haut de France, avec ses 114 mètres. Rouvert aux visiteurs en juin 2026, il permet d’admirer l’un des panoramas les plus spectaculaires de la région. Après avoir grimpé les 230 marches, laissez-vous griser par la vue imprenable sur notre cité et ses alentours.

