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Rachetée pour un franc symbolique par la ville de Mérignac en 1990, la Maison Carrée d’Arlac rouvrira ses portes au public au début de l’année 2027 sous la forme d’une Maison des arts. Derrière la façade aux huit colonnes de l’avenue des Eyquems, cette bâtisse familière des riverains abrite un passé singulier, allant de l’élevage de serpents à son lien architectural inattendu avec la Maison Blanche américaine !
Plus qu’un simple monument, elle est un emblème iconique de Mérignac. Si tout le monde connaît la Maison Blanche de Washington DC, savez-vous qu’elle a une “devancière” en France ? Elle n’a certes pas le prestige de sa consœur américaine, mais la “Maison Carrée” située dans le quartier d’Arlac a tout de la folie néoclassique.
Demeure intrigante et moderne pour l’époque
On la doit au banquier Samuel Peixotto. Entre 1786 et 1789, il fait édifier cette résidence intrigante pour symboliser sa puissance financière. Le château Peychotte a marqué ses contemporains par son aspect moderne, une architecture unique en rupture avec les traditionnelles longues bâtisses de type chartreuses.
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Ses courbes nous rappellent donc la propriété des présidents des États-Unis, et elle a inspiré d’autres remarquables demeures dans la région. On citera Rastignac, du côté de la Dordogne, mais aussi le manoir de Marbuzet, installé dans le Médoc. Le travail de l’architecte Jean-Baptiste Dufart est ainsi reconnu avec cet étonnant petit palais…

La petite Maison Blanche sur le point de devenir un musée ?
On tombe sous le charme de cet escalier aux immenses marches qui débouche sur un perron aux huit colonnes gigantesques. Petite pointe de regret tout de même, on ne peut aujourd’hui pas visiter ce lieu. Actuellement, il appartient à la Ville qui a annoncé en juillet que des travaux de réhabilitation allaient reprendre. En début d’année 2027, il doit devenir une Maison des arts.
Pour l’heure, l’endroit reste une destination confidentielle, mais la promenade vaut le détour rien que pour observer sa façade Sud et son portique ostentatoire. Le parc arboré qui l’entoure, lui, est bel et bien accessible, pour une excursion boisée à l’écart du tumulte de la vie urbaine. En revanche, il faut préciser que le domaine s’étendait auparavant sur 30 hectares avec des animaux, des bassins et de remarquables fontaines.
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Au fur et à mesure des années, le terrain a été largement entamé par l’urbanisation. D’ailleurs, un promoteur a un temps récupéré la construction en 1962. La localité a pu la soustraire contre un franc symbolique en 1990. Mais le mal était fait et le déclin déjà bien avancé. Avant ça et en deux siècles, les propriétaires se sont multipliés, surtout des banquiers.
Le docteur Elie Gintrac y a élevé des vers et des serpents
Mais le plus célèbre est peut-être le médecin et professeur Elie Gintrac. Naturaliste passionné, il a élevé entre ces murs des vers à soie et aménagé une réserve à serpents dans un coin du jardin afin d’étudier les venins. Sans oublier, le long de l’avenue des Eyquems, des mûriers qui servaient à nourrir les insectes.
La demeure a été occupée lors des deux guerres mondiales, notamment durant la Première, où elle faisait office d’hôpital militaire. En 250 ans, cette “Maison Blanche” mérignacaise a donc vécu mille vies… et s’apprête à en découvrir une mille et unième prochainement.
Renseignements pratiques
- La “Maison Carrée” de Mérignac
- 78 avenue des Eyquems
- L’intérieur ne se visite (pour l’instant) pas

